Le Jacquemart vous invite à participer au premier apéro-débat de l’Union organisé autour de l’intervention de Jean Vigreux (professeur à l’université de Bourgogne, Maison des sciences de l’homme – Dijon) sur l’histoire du Front populaire (1936), du Conseil national de la Résistance (1944) et du Programme commun de gouvernement (1972-1981). L’éventuelle « leçon » à tirer de cette histoire, pour la nouvelle Union des gauches, sera envisagée.

Une discussion sera bien entendu ouverte après les vingt minutes d’intervention de l’orateur. Puis, des échanges libres sur l’actualité politique auront lieu durant une dernière demi-heure de réunion.

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Par ce débat inaugural, Le Jacquemart et des membres de la NUPES 21 entendent réaffirmer la nécessité vitale de l’Union.

Au printemps 2022, les organisations politiques EELV, Génération.s, LFI (dont le POI et la REV), PCF et PS ont formé une Nouvelle Union populaire qui assume sa vocation écologique et sociale (NUPES). Elles ont alors proposé, ensemble, des candidatures dans chaque circonscription autour d’un programme partagé.

En Côte-d’Or, dès juin 2022, une « coordination NUPES 21 » s’est constituée, rejointe par Ensemble !, et se réunit ordinairement chaque mois. Au terme des élections législatives, les candidats de la NUPES étaient majoritaires sur la commune de Dijon (50,2% des exprimés) ! Ce résultat fut une validation démocratique, claire et nette, de la nécessité de la nouvelle union de toute la gauche.

Mais, au printemps 2023, les avertissements lancés le 20 juin 2022 par certains candidats locaux de la NUPES n’ont malheureusement trouvés que leur confirmation dans l’actualité politique des derniers mois. Le chaos social, moral et politique dans lequel Emmanuel Macron et ses inféodés précipitent tout le pays est sidérant. Le projet de l’extrême-centre, c’est-à-dire celui de l’ultra-libéralisme autoritaire, est le premier fauteur de la montée menaçante pour la République de l’extrême droite, y compris la plus fascisante…

Face à la possibilité du fascisme

En moins d’un an de nouveau quinquennat d’Emmanuel Macron, le basculement anti-démocratique de l’État français est patent.

Depuis l’annonce du projet de loi de réforme des retraites, en janvier 2023, et le mouvement social historique de rejet de celui-ci qui s’est aussitôt levé, l’État français use et abuse de la force et de la violence comme jamais depuis la guerre d’Algérie, tandis que toutes les oppositions au macronisme dénoncent un brutal « déni de démocratie ». Mediapart publie ainsi, le 20 avril, une analyse pertinente : « Cela fait déjà plusieurs années que l’accumulation des lois sécuritaires et des états d’exception, jumelée à une répression féroce des différents mouvements sociaux, fait s’interroger nombre d’observateurs sur la santé démocratique de la France. »

Dans son « Que-Sais-Je ? » sur le Front populaire[1], Jean Vigreux nous rappelle : « Le choc cumulé des événements de l’année 1933 et du 6 février 1934 ravive, au sein du camp républicain de gauche, les lointains souvenirs de la République en danger. Un front unique antifasciste émerge. Dans un premier temps, le PCF et la CGTU organisent une manifestation le 9 février qui est interdite et durement réprimée (six militants communistes sont tués). À cette manifestation, les rangs communistes ont vu l’arrivée de militants socialistes : on en appelle alors au ’’front unique à la base’’. La SFIO et la CGT, de leur côté, décident de manifester le 12 en province et à Paris, cours de Vincennes. En province, on dénombre plus de 250 000 manifestants au sein de 85 départements. Le rôle moteur de la CGT est essentiel. À Paris, le PCF et la CGTU se joignent au cortège des réformistes, encore dénoncés comme sociaux-traîtres. Toutefois, en fin de manifestation, au moment de la dispersion, des militants des deux cortèges se rejoignent aux cris de ’’Unité ! Unité !’’. Certes, les directions des deux organisations de gauche campent sur leur méfiance réciproque, mais l’élan est donné. (…) Le 14 juillet 1935 symbolise au mieux cette dynamique où l’on prête serment au Front populaire en s’engageant, entre autres, à dissoudre les ligues factieuses… »

Une perspective pour aujourd’hui ?

Débat !

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[1] Le Front populaire (1934-1938), PUF, collection « Que-Sais-Je ? », 2011, nouvelle édition en 2022.